jeudi 7 décembre 2017

Cours palliatifs - 02 : Si 4 m + 2 m = 6 m, alors 4 + 2 = 6 ?

Note technique 04-02 pour la Commission Torossian/Villani
Cours palliatifs
02- Si 4 m + 2 m = 6 m, alors 4 + 2 = 6.


Habituellement – mais est-ce une bonne attitude ? – ,
- on définit d’abord les entiers : 24 par exemple
- on définit ensuite les décimaux ; 2,4 par exemple  
- et enfin on apprend les mesures - de longueur par exemple – et l’on accompagne donc les nombres décimaux du nom d’une unité ; 2,4 km.

Autrement dit on va des nombres purs et vers les nombres concrets.
Mais il est tout à fait possible de faire autrement car par exemple les programmes de 1945 recommandaient l’apprentissage simultané de la dizaine et du décimètre.  


... et il y a  trois questions finales 
i) Pourquoi déduire 2m+3m=5m de 2+3=5 semble plus logique  que déduire  2+3=5 de  2m+3m=5m ?
ii) Ai-je le droit* d’écrire « Il faut donc au total 560 + 2 = 562 pièces de 10 centimes » ?
iii) Ai-je le droit* d’écrire « 560 + 2 = 562 pièces » ou « 560 + 2= 562 kg » ?


Cours palliatif o1-Multiplication et division de fractions

Note technique 04-01 pour la commission Torossian/

Cours palliatifs[1]
01-Multiplication et division de fractions
Lire d’abord le texte de 2006 : http://michel.delord.free.fr/multdiv-frac.pdf

1) Définition de a/b
2) Calcul mental
3) La langue maternelle est la langue des mathématiques élémentaires
4) Elie Cartan à la rescousse
*          *
Cette petite note est un commentaire du texte de 2006 déjà nommé « Multiplication et division de fractions[2] » destiné à des enseignants et aux membres du GRIP, texte qui présentait différentes démonstrations possibles des formules de multiplication et de division des fractions. Cette petite note n’est donc pas le texte dont j’avais parlé et qui décrira une progression possible pour l’enseignement fractions, progression qui commence en GS de maternelle, progression « destinée  à un système scolaire qui marche ».
Au contraire le  texte de 2006 – qui devrait être un cours de primaire –  comporte en fait des conseils qui peuvent, dans le système actuel,  être utiles pour tout élève de collège, de la sixième à la troisième, et même plus loin au vu de la multiplication des élèves-oubliant-les-fractions …. D’où la nécessité de commencer mon texte de 2006 par une liste explicite de prérequis qui n’aurait pas lieu d’être dans un système qui fonctionne car en ce cas si un élève est par exemple en début de cinquième, on n’a pas besoin d’expliciter les prérequis puisqu’ils sont explicitement donnés dans les programmes.
Ceci dit, je voudrais insister sur un certain nombre de points :


07/12/2017     MD

[1] Présentation des cours palliatifs http://micheldelord.info/nt-04.pdf

mercredi 6 décembre 2017

Cours palliatifs (et encore) pour le collège / Comment j'ai désappris à faire des cours de mathématiques...

Note technique 04 pour la Commission Torossian/Villani

Introduction à quelques cours de collège (palliatifs, au mieux) :
Il n’y a pas de raccourcis en mathématiques élémentaires
ou 
Comment j’ai désappris à faire un cours de mathématiques….



Old math 1966
Si un seul maillon faiblit, tout est compromis.

Cependant cet intérêt spontané des enfants pour les nombres s’arrête dès que les difficultés apparaissent, si elles ne sont pas abordées dans l’ordre rigoureux qui convient. Plus que n’importe quelle science, le calcul exige un bon apprentissage. Il faut connaître l’ordre des étapes et n’en brûler aucune. La solidité de la chaîne est liée à celle de tous ses maillons ; si un seul faiblit, tout est compromis.
Rien de plus facile si l’on prend le bon chemin. Mais rien n’est plus difficile que de corriger les erreurs initiales

R. et M. Fareng, Comment faire ?... L’apprentissage du calcul avec les enfants de 4 à 7 ans, Fernand Nathan, 1966.[1]
New math 67
On n’a pas besoin de commencer par le début


In 1957, the Russians launched the first satellite, the Sputnik, into space. These were the years of the Cold War, and panic gripped America — the Russians were ahead of them in science. Within a short period of time, educationalists and mathematicians gathered to create a new curriculum that would turn children into little scientists. "There is no need to start at the beginning," wrote Sargent Shriver, brother-in-law of President Kennedy and head of the Peace Corps, in the introduction to a book that explained the program. "The children can begin from where the researchers are at." The idea was to teach the children abstract mathematics at an early age. This was called "The New Math." Within a few years, the level of mathematical knowledge of American students hit rock bottom.


Ron Aharoni, Arithmetic for Parents, World Scientific Publishing Co. Pte., Singapore, 2006, p.197.

Ces attardés d’époux Fareng trouvaient difficile de corriger les erreurs initiales. Les maths modernes avaient résolu le problème : il suffisait de supprimer le début. Ils avaient déjà résolu de la même façon les difficultés liées au passage du concret à l’abstrait : il suffisait de commencer par l’abstrait.
Michel Delord, Déc. 2017
 

I) Comment aggraver la situation des « élèves en difficulté » en se donnant bonne conscience ?
II) Des prérequis, pourquoi faire? ou Ce qui est embêtant en mathématiques, ce sont les (prérequis) mathématiques.
1) 1977, le doute : A-t-on besoin de prérequis en mathématiques ?
2) 1980 - ? Plus de prérequis : Au nom de la pratique, du concret et de la résolution de problèmes
3) 1967-USA  Ne pas commencer l’enseignement par le début de l’enseignement
III) La fabrique de l’élève oubliant ou « le roi ne peut sauter les étapes »
IV) Il n’y a pas de raccourcis possibles et même le prof ne peut pas « sauter les étapes »

*
Selon le TLF, un palliatif est un « moyen de remédier provisoirement ou incomplètement à une situation difficile, d'en atténuer les conséquences sans la faire cesser pour autant ». Et je parle, qui plus est, de « palliatifs, et encore » ce qui signifie que ces palliatifs peuvent peut-être ne pas pallier grand-chose. Et j’aurais pu parler à juste titre de maladie nosocomiale comme l’avait fait en son temps Colette Ouzilou mais en le transposant pour le calcul. La surprise vient du fait que les palliatifs « relatifs » auxquels je fais allusion sont quelques exemples des « meilleurs (?) cours (?) de mathématiques (?) » que j’ai pu faire en collège pendant la petite quarantaine d’années pendant lesquelles j’y ai enseigné. Ce n’est pas ainsi en général que les bloggeurs présentent leurs productions  Quelques explications sont donc nécessaires.



[1] R. et M. Fareng, Comment faire ?... L’apprentissage du calcul avec les enfants de 4 à 7 ans, Fernand Nathan, 1966*. R. Fareng et M. Fareng étaient respectivement IDEN et ancienne institutrice devenue professeur de mathématiques. Quant à S. Herbinière Lebert qui écrit la préface, elle était inspectrice générale. On étendra les affirmations avancées ici à propos du calcul aux autres disciplines et, je le crois, sans trahir l’esprit des auteurs.






samedi 25 novembre 2017

Scoop : Jules Ferry et les calculatrices

Note technique 03a pour la Commission Torossian/Villani
Un petit nouveau qui n’est pas sans rapport avec CQFD :

« Scoop : Jules Ferry et les calculatrices
ou                                 
Enseignement primaire : Calcul écrit, Calcul mental, Arithmomètre »

Il s’agit

I) de contrer, avec quelques documents historiques, la doxa dominante qui affirme
 -  que la question de l’utilisation des calculettes en primaire ne s’est posée qu’à partir de la deuxième partie des années 1970 (c'est-à-dire en gros à partir du moment où sont disponibles à bas coût des calculettes électroniques)
- que « le caractère nouveau » de la présence des calculettes à partir de cette date induit le fait qu’il faut introduire une nouvelle pédagogie du calcul, pédagogie qui était impossible à penser avant cette date et encore plus au XIXème siècle.
- que  cette présence des calculettes dans la société – et dans l’école : mais en ce cas y sont-elles  venues toutes seules ? – induit le fait qu’elles doivent être utilisées, et de plus massivement, à l’école.

 II) de commencer à poser la question « Peut savoir compter … sans savoir compter exactement ? »

III) d’en profiter pour poser deux questions
Question I : Reste donc à traiter un problème récurrent que l’on aperçoit ici en considérant le cas de Jean Martinet qui était incontestablement un grand mathématicien : comment se fait-il que des mathématiciens puissent avancer des positions aussi aberrantes sur l’enseignement primaire et en particulier sur le calcul ?
i) Ma réponse n’est pas de dire : il y a aucun rapport entre les mathématiques et le calcul. Mais je me trompe peut-être.
ii) Cette question n’est pas une question psychologique ou de personnalité et elle doit être traitée avec tout le calme, le tact et la retenue nécessaires, tout en notant bien que ceux qui doivent avoir le maximum de tact et de retenue  sont ceux qui occupent les places les plus hautes dans la hiérarchie.

Question 2 : Si l’on s’intéresse à l’origine sociale – c'est-à-dire extérieure aux mathématiques – du mépris du calcul, est-il sans liens avec le mépris de l’intelligence artisanale ? Or ce mépris triomphe entre 1950 et 1970, juste au moment où le chapitre sur l’intelligence artisanale disparait des cours de psychologie. A ma connaissance le dernier « Que-sais-je? » sur l’intelligence qui mentionne l’intelligence artisanale est ce lui écrit par Gaston Viaud en 1964. Il consacre un chapitre  à « l’intelligence artisanale de l’homme », entre le chapitre précédent qui traite de « l’intelligence pratique de l’enfant » et le suivant qui   traite de « la pensée conceptuelle ».

Bonne lecture. Fichier complet ICI http://micheldelord.info/nt-03a.pdfhttp://micheldelord.info/nt-03a.pdf
 MD

vendredi 17 novembre 2017

CQFD : Comprendre les Questions Fondamentales Diciplinaires

Note technique 02 pour la Commission Villani/Torossian

I) Si l’école primaire doit instruire…
II) Deux thèses des maths modernes
III) La transposition didactique (ou didactisation)
IV) Principe de distance
V) Deux exemples de Questions Fondamentales Disciplinaires
1) Quelques différences entre le calcul sur les nombres purs et le calcul sur les nombres concrets
a) Avant 1970b) Après 1970
2) Le comptage est-il l’ABC du calcul ?
a) Le cas des nombres concrets de 1 à 99 
b) Une argumentation pour le cas des nombres purs de 1 à 99 
c) Une autre argumentation pour le cas des nombres purs de 10 à 99
3) Petites remarques sur les 4 opérations en CP
a)Le programme de CP de 1970 
b) En très bref : Les 4 opérations en CP
i) L’Enseignement simultané du comptage et du calcul 
ii) Ferdinand Buisson et l’article « Calcul intuitif » 
iii) Les critiques de Rémi Brissiaud, Joël Briand et Renaud d’Enfert
VI) Retour sur l’importance de la transposition didactique
1) Le rôle central de la transposition didactique dans la didactique 
2) Le rôle central de la didactique française dans la didactique mondiale
VII) CQFD ?
PS : Intuition et rationalisation / Un ton trop tranchant
*         *          *

Images des maths m’a demandé il y a une dizaine de jours d’écrire un petit texte pour lancer la discussion sur la page « Débat du 18 » et j’ai pensé qu’une contribution traitant du rôle de la Mission Maths Torossian/Villani serait d’actualité. 
Mais comme le texte que j’avais fait était un peu trop long pour permettre de  lancer un débat sur Images des Maths, j'ai fait deux textes qui portent le même nom "CQFD".
 Le texte sur Image des maths correspond en gros aux paragraphes  I) et V-1 de la table des matières supra mais comporte en plus une conclusion qui permet de lancer le débat, conclusion que voici :

"L'histoire tourmentée de l'enseignement des mathématiques en France semble plutôt conforter une vision pessimiste. Pour toute les raisons que l'on vient d'évoquer et bien d'autres, la tâche qui incombe à M. Villani et M. Torossian, responsables de la Mission Maths proposée par le ministre de l’Education,  semble immense  puisqu’elle consiste en rien moins que proposer des orientations qui « donnent aux jeunes le goût des mathématiques » … en trois mois ! Si l’état de l’école  est extrêmement grave, on ne va pas « refonder l’école en trois mois » et, pour reprendre le début de cette lettre il faut éviter avant tout le grand écart que je dénonçais plus haut, y compris dans le rôle que s’assigne cette mission.  Il est manifeste – et c’est logique si la dégradation est ancienne – que- les résistances sont telles que la mission n’arrivera pas à  convaincre de la nécessité d’une rupture suffisante dans un délai imparti aussi court- dans le cas où cette mission avancerait des mesures jugées « trop indépendantes par rapport à l’appareil », celui-ci, qui a déjà l’aptitude naturelle à changer l’or en plomb, montrerait ses capacités paralysantes. 
Dans la mesure où il s’agit d’une question de temps, – le temps de convaincre – une solution ne serait-telle pas  que  la mission pousse au plus loin  son désir de rupture  dans les délais prévus mais qu’elle ne s’arrête pas là. Elle pourrait ainsi recommander dans son rapport final de prendre diverses initiatives qui permettraient d’assurer la continuité de ce qu’elle a commencé à faire : ce peut être, sans que ces propositions s’excluent, la création d’un comité de suivi  et / ou  de propositions dont l’indépendance doit être garantie au maximum, l’organisation de colloques régionaux, espacés mais réguliers permettant une consultation  beaucoup plus large que l’actuelle…
Qu’en pensez-vous ?"

Quand au texte complet, il est accessible ICI


Bonne lecture et bon débat

Le 17 novembre 2017
Michel Delord


mercredi 8 novembre 2017

Enseignement explicite / enseignement implicite, le sens des mots (I)

Note technique 01-a  pour la Commission Villani/Torossian 


Peut-on enseigner dans les classes du primaire – et encore plus dans  ses petites classes –, des notions inspirées de concepts issus de disciplines universitaires comme l’axiomatique et la linguistique ? C’est la grande question qui se pose de manière récurrente depuis les années 60/70 et encore de nos jours comme le montre le débat actuel sur le prédicat. La première réponse apportée dans ce court texte est que, comme la question est mal posée, les réponses sont aberrantes. La deuxième  réponse est que,  si, au lieu de parler d’enseignement en général,  on distingue enseignement implicite et enseignement explicite, on peut commencer à avoir des réponses « qui se tiennent ».  Mais dans ces tentatives de rationalisation, indispensables mais difficiles à doser, il faut toujours  garder en tête la méthode intuitive chère à Ferdinand Buisson  qui est mise en défaut lorsque l’enseignant  fait un raisonnement qui lui semble logique mais qui ne l’est pas pour l’élève. Bonne lecture. MD 

I) Problématique
II) Résolution du dilemme
     i) Enseignement explicite / Enseignement implicite en grammaire
    ii) Enseignement explicite / Enseignement implicite en calcul
III) Conclusions partielles

Texte complet publié sur le site de ToutEduc (ou en pdf  ICI )

La deuxième partie à paraître de la Note technique 1 (la 1b) traitera plus précisément du rapport entre la question des contenus et des  méthodes. MD. 

*                    *


dimanche 5 novembre 2017

Le comptage est-il l'ABC du Calcul ? Suivi de quelques digressions sur le comptage, le calcul, l'écriture et la lecture.

Note technique 00-b  pour la Commission Villani/Torossian 

[A l’origine, texte d’appel à une réunion organisée  à Brive(19) le 27 octobre 2015 par la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze .La réunion ne s’est pas tenue … mais le débat reste ouvert. Le 1er septembre 2017. MD

*          *          *

Le calcul, abc du comptage ?

Le point de départ de cet exposé est l’expression « Compter, l’ABC du Calcul », titre  d’un chapitre du livre faisant autorité sur le sujet, « La bosse des maths » de Stanislas Dehaene, titre maintenu de la première édition de 1995 à la dernière édition complétée de 2010.  La signification de ce titre est tout à fait cohérente non seulement avec l’ensemble du livre mais aussi avec l’opinion dominante sur cette question, qu’elle soit le fait de non spécialistes ou de psychologues ou de didacticiens.  Même si un petit nombre d’auteurs met en cause seulement implicitement cette affirmation, personne ne l’a explicitement critiquée. Le bon sens ne dit-il pas : Puisque les opérations portent sur les nombres, la connaissance des nombres ne doit-elle pas précéder celle du calcul et donc des opérations ? Quand peut-on dire que le comptage est l'abc du calcul, ou, au contraire, que le calcul est l’abc du comptage ? 

 Digressions

Au moment où le débat sur les méthodes de *lecture* se perpétue ne vaudrait-il pas mieux s’intéresser à l'écriture pour comprendre la lecture surtout s'il est vrai, comme le disait James Guillaume que « [l'] on ne peut lire que ce qui a été écrit » ?

L'écriture du français, et non la langue française, est phonique, c'est-à-dire qu’elle code du son et non du sens, et parmi les écritures phoniques, elle est fondamentalement alphabétique et non syllabique. La méthode d’apprentissage de l’écriture  du français doit donc être phonique et alphabétique et ne peut donc être ni idéographique – c'est-à-dire coder du sens –, ni être  syllabique.

Il est donc stupide de penser  qu’une méthode idéographique – comme les méthodes idéovisuelles qui critiquent explicitement le recours au déchiffrage –, puisse prétendre au titre de méthode d’apprentissage de l’écriture du français.

Pourquoi continue-t-on à mettre l’accent sur les méthodes de lecture alors que si on se replace dans le cadre de la problématique de Ferdinand Buisson, la question centrale étant celle de l’écriture, le problème disparait car il n’y a pas de méthode d’écriture « globale » puisque justement une écriture alphabétique se code par définition lettre après lettre.

Mais ceci doit-il  empêcher de considérer que l’apprentissage de la numération écrite en base dix relève d’une méthode idéographique ? Chacun de ses éléments de base, les chiffres, ne codent-ils pas, contrairement aux lettres, du sens ?

Si le comptage n’est pas l’ABC du calcul, serait-il l’ancêtre de l’écriture ? On peut le constater. En ce cas, et si l’on souhaite pour les élèves une vision non unilatérale de l’écriture, est-il judicieux de séparer dans le temps l’enseignement de l’écriture idéographique d’un langage comme celui de la numération et l’enseignement de l’écriture phonique d’une langue comme le français ?

Septembre 2015, Michel Delord

Bibliographie sommaire :

Michel Delord, La Globale et la  Syllabique, 28/01/2005,
Michel Delord,  Apprendre à Lire et à Écrire : de l’importance des différents systèmes d’écriture, 26/03/2012

samedi 4 novembre 2017

" Singapore Math" et "Singapore Math Inc®."

Note technique 00a  pour la Commission Villani/Torossian

Lettre ouverte
- à M. Cédric Villani et Charles Torossian, chargés de mission par le ministre de l’Education nationale   
- à M. Christophe Kerrero, directeur de de cabinet du ministre de l’éducation
- à M. Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire
- à M. Stéphane Seuret, président de la SMF
- à Mme Louise Nyssen, chargée des questions d'enseignement au bureau de la SMF, et pour transmission à la Commission Enseignement
- au Groupe de travail  des sociétés savantes, co-animé par Aviva Szpirglas et Philippe Marquet
- à M. Bernard Julia
- à M. Jean-Pierre Demailly, président du GRIP, pour transmission au GRIP
Copies à M. Jean Nemo et Mme Monica Neagoy (La librairie des écoles)

Texte complet (8 pages)
Extraits : ( en gros les deux dernières pages)

En gros les Singapore Maths ont eu comme matrice la première critique – insuffisante –  des maths modernes datant des années 75/85.  A mon sens la vraie rupture ne se place pas dans ces années mais au moment de la rupture des maths modernes (c'est-à-dire les années 60 et début 70). Si cela est vrai cela signifie  que, quelque part, les thèses des Singapore Maths comportent des faiblesses et demandent des modifications : c’est exactement ce que je pensais au moment où j’ai rencontré Madge Goldman en 2004 et je le pense toujours aujourd’hui Et c’est bien parce que je pense que des modifications sont indispensables   – et non par besoin de dénigrer la LDE – que je me suis intéressé supra au degré de liberté dont peuvent jouir ceux des partisans des Singapore maths qui les considèrent comme la moins mauvaise solution mais qui peut encore grandement s’améliorer sur des points fondamentaux. J’ai affirmé plus haut  que la « vraie rupture se  place au moment de la rupture des maths modernes. Je n’ai pas, bien sûr, le temps de développer l’idée ici, mais je voudrais donner deux exemples portant sur des sujets fondamentaux qui montrent la continuité en primaire de 1880 à 1970 (réforme des maths modernes), la rupture en 70 et la continuité de 1970 à maintenant :
- le premier exemple est celui de l’enseignement simultané du comptage et du calcul (qui implique comme point particulier les quatre opérations en CP et même en maternelle parce que, dès que l’on atteint 2 on peut faire des divisons) : on enseigne les 4 opérations en CP en continu de 1882 à 1970 et on ne le fait plus du tout de 1970 à 2017
- le deuxième exemple est celui du rapport entre les mathématiques et la physique : de 1880 à 1970 on a, sous le nom d’arithmétique,  un enseignement combiné des mathématiques et de la physique que ce soit au niveau du calcul (avec le calcul sur les grandeurs et les premières notions de calcul dimensionnel du type : Si tu divises des mètres par des mètres, tu ne trouves pas des mètres) ou de la géométrie puisque le cours commence par la définition de LA verticale et DES horizontales , ce qui fait que l’on est directement dans un espace physique. A partir de 70, on commence la géométrie dans des espaces ponctuels  (là où il y a des points même là où il n’y a rien) et isotropes (c'est-à-dire dans lequel il n’y a aucune direction privilégiée)  ce qui ne facilite vraiment  pas la perception intuitive de l’élève, c’est le moins que l’on puisse en dire. Les grandeurs sont explicitement interdites en 70 et même si le mot grandeur commence à réapparaitre depuis une dizaine d’années, il n’y a pas de cours systématique sur les opérations sur  les grandeurs et lorsqu’ils ne prétendent pas que c’est une erreur grave d’enseigner des choses du type « Si tu divises des mètres par des mètres, tu ne trouves pas des mètres », les manuels et les formateurs n’en parlent pas.
Rétablir l’enseignement simultané du comptage et du calcul ne serait-il pas un objectif souhaitable ? Et, pour le primaire, penser le cours d’arithmétique non comme un cours de mathématiques mais comme un ensemble organisé de connaissances liant les mathématiques et la physique ne serait-il pas également un autre objectif tout aussi souhaitable ?
Je pense que ce sont deux objectifs souhaitables  mais  que les Singapour Maths ne les réalisent pas (…pour le moment ?).
A Cabanac, le 31 octobre 2017
Michel Delord


vendredi 12 octobre 2012

Unité(s) et nombre(s)


A propos du mot unité en arithmétique élémentaire


Sur le forum Neoprofs, Catherine Huby et Pascal Dupré, auteurs du manuel « Compter, calculer au CE1 » paru récemment aux Éditions du GRIP, expliquent que le mot unité a deux sens en mathématiques, c'est-à-dire en gros qu'il désigne deux choses pensées comme différentes qui sont par exemple 3 dans 543 et cm dans 7 cm.

On peut à mon sens s'interroger sur la validité d'une telle affirmation en constatant de plus que, sous des formes plus ou moins proches, elle n'est pas réservée aux deux auteurs cités et est, d'une certaine manière, assez répandue.

Le fond de mon opinion est le suivant : le mot unité « n'a qu'un seul sens ». Et le fait de lui attribuer deux sens vient d'une autre erreur en général implicite car jamais présentée comme telle et qui consiste à oublier que ce n'est pas unité qui a deux sens, mais 1 qui représente simultanément deux choses, l'unité et le premier nombre [ non nul :-) ].
Insister sur cette erreur peut sembler provenir d'une perspective byzantine : il n'en est rien car elle remonte en fait à ce qui est une des positions cardinales des « maths modernes », qui a été défendue comme telle par les partisans de cette réforme et qui a perduré plusieurs dizaines d'années et qui perdure encore, Ce qui prouve bien que la critique de ce mouvement faite des années 75 jusqu'à maintenant, notamment par les spécialistes de la didactique des mathématiques et de la psychologie cognitive, en est une fausse critique.

Vous trouverez plus d'éléments logiques et historiques sur ces questions - et une proposition d'ouverture de débat - dans le texte « Le mot unité a-t-il deux sens ? » 
Calne, le 25 septembre 2012.
Michel Delord

vendredi 25 mai 2012

Dictionnaire de pédagogie d'instruction primaire, 
Hachette, 1887. 
Et quelques textes de Ferdinand Buisson.

- La publication du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire est dirigée par
- Ferdinand Buisson, directeur de l'enseignement primaire du ministère de l'Instruction Publique (1882-1896).
- James Guillaume, rédacteur en chef et également secrétaire de rédaction de la Revue Pédagogique.

- Le Dictionnaire est divisé en deux parties, de deux tomes chacune. Les quatre tomes sont disponibles en pdf/images - donc sans recherche possible en plein texte - ici sur Gallica.

- L'INRP a passé à l'OCR - mais sans corriger à la main les très nombreuses fautes, c'est plus rapide, ce qui en fait un véritable travail de sagouin..., - la deuxième édition du Dictionnaire, celle de 1911, connue sous le nom de Nouveau dictionnaire pédagogique. Son contenu est très sensiblement différent, puisque, outre le fait qu'il n'a que deux volumes au lieu de quatre, il y a une différence de point de vue politique et pédagogique : par exemple, l'article Education confié à Durkheim présente une position conformiste et utilitariste de l'éducation qui " a pour objet de susciter et de développer chez l'enfant un certain nombre d'états physiques, intellectuels et mentaux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu spécial auquel il est particulièrement destiné.", phrase que n'aurait certainement pas écrite Ferdinand Buisson - et encore moins James Guillaume - dans les années 1870.
Pour se convaincre de l'existence de cette évolution sans lire les deux dictionnaires, même si les différences évoquées ne sont pas obligatoirement celles sur lesquelles j'insisterais et celles sur lesquelles j'insisterais sont souvent absentes, lire la référence sur le sujet :

Daniel DENIS, Pierre KAHN (dir.). – L’école républicaine et la question des savoirs. Enquête au cœur du « Dictionnaire de Pédagogie » de Ferdinand Buisson ; L’école de la Troisième République en questions. Débats et controverses autour du « Dictionnaire de Pédagogie » de Ferdinand Buisson, Préface de Pierre Nora. – Paris : CNRS Éditions, 2003. – 297 pages.

Lorsque je dis qu'il s'agit d'un travail de sagouin, on peut en fournir des preuves qui se comptent par centaines et même par milliers. Mais concentrons-nous sur un exemple sexuel que m'a aimablement communiqué Pierre-Yves Ruff de Theolib. Si vous vous vraiment savoir quels sont les pays qui ont eu un "gode scolaire", il vous suffit de faire une recherche google justement sur l'expression "gode scolaire". Vous trouvez en deuxième position CECI qui vous permettra d'apprendre que ce sont les "Colonies britanniques" qui jouissaient, en quelque sorte, de cet avantage. Si vous préférez payer, vous pouvez commander au Comptoir des presses d'université le CD-ROM qui contient un outil de recherche qui vous permet d'obtenir les mêmes résultats.

 - Une version papier en 12 volumes de 500 pages du Nouveau dictionnaire pédagogique, bien faite cette fois-ci, est en cours d'édition chez THEOLIB.

Cabanac, maj du 16 mai 2012 Michel Delord 

A) Éléments sur Ferdinand Buisson, James Guillaume, Paul Robin
B) Un livre ... inachevé : Michel Delord et Guy Morel, Lire Écrire Compter Calculer : La pédagogie oubliée, Choix commenté d’articles du Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand Buisson.
C) Livres et articles de Ferdinand Buisson ne faisant pas partie du Dictionnaire pédagogique
D) Articles du Dictionnaire - Édition 1887.

* * *
A) Éléments sur Ferdinand Buisson, James Guillaume, Paul Robin

 - Ferdinand Buisson, Hommage à James Guillaume, in Vie ouvrière, 20 février 1914, pages 212 à 214, numéro spécial consacré à James Guillaume pour son soixante-dixième anniversaire.
- Marc Vuillemier, James Guillaume, 1844-1916.
- Drapeau noir, James Guillaume.
-  James Guillaume, Ideas on Social Organization, 1876. Partie IV G -Education ou Idées sur l'organisation sociale, IV G - L'enfant n'est la propriété de personne.
- Maurice Dommanget, Ferdinand Buisson et Paul Robin, in Les grands socialistes et l'éducation, Collection U, Armand Colin 1970, extraits du chapitre Paul Robin, pp. 332-334.


Wikipedia : Ferdinand Buisson, James Guillaume, Paul Robin.

* * * 

B) Un livre ... pour le moment inachevé sur Ferdinand Buisson et la pédagogie 

Présentation et sommaire plus détaillés du 28/8/2008 ICI 
LIRE ÉCRIRE COMPTER CALCULER 
LA PÉDAGOGIE OUBLIÉE 
Choix d’articles du Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand BUISSON 
Textes choisis et commentés par Michel Delord et Guy Morel 

Sommaire

AVANT-PROPOS : Une révolution pédagogique : le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand Buisson, par Michel Delord et Guy Morel, 5 mai 2006.

PREMIÈRE PARTIE.
1) LES CHEMINS DE LA RAISON : LA MÉTHODE INTUITIVE - Michel Delord, mai 2006.
2) Articles du Dictionnaire Pédagogique

DEUXIÈME PARTIE.
1) ÉCRIRE-LIRE : LA MÉTHODE DES MAÎTRES RÉPUBLICAINS - Guy Morel ( En cours de rédaction)
2) Articles du Dictionnaire Pédagogique 

TROISIÈME PARTIE.
1) COMPTER-CALCULER : « LA CONNAISSANCE INTIME DU NOMBRE » - Michel Delord, mai 2006.
2) Articles du Dictionnaire Pédagogique

Remarque : Le projet de ce livre sur la pédagogie selon Ferdinand Buisson et James Guillaume a été conçu en 2004/2005 et devait être "mis en place chez les libraires en janvier 2006" (Historique du projet SLECC, ou ici page 6). Guy Morel et moi-même avons rédigé en commun l'avant-propos. J'ai conçu et écrit la première partie - sur la méthode intuitive - et la troisième partie - sur le calcul -, parties revues par Guy Morel. Ce travail était fini en mai 2006. Guy Morel n'a pas fourni dans les délais prévus sa part de travail, c'est-à-dire le texte sur l'enseignement de l'écriture-lecture. Il a finalement rédigé en décembre 2009 un texte non public dont je ne partage pas du tout l'orientation. Je travaille maintenant sur une présentation de la question de la lecture /écriture (voir textes 1, 2 , 3 et 4) faite sur le modèle de ce que j'ai écrit sur le calcul et qui est la suite de "La Globale et la Syllabique". J'indiquais en septembre 2009 " le livre a été rédigé - à mon sens et j’ai quelques raisons d’affirmer cela - pour être valable pendant un certain temps dans un contexte donné qui va être dépassé, ce qui va le rendre obsolète." (Voir pour plus de détails le CA de septembre 2009, page 5). Pour ma part, il s'agissait, en 2005, de montrer les qualités de l'œuvre de Ferdinand Buisson dans un domaine que tout le monde avait occulté : il permet, notamment en s'appuyant sur " la méthode intuitive", la critique de la " réforme conjointe" des "maths modernes" et de "l'enseignement linguistique de la langue" - linguistico-axiomatique en quelque sorte - des années 70 en primaire, et c'est probablement pour cela que cet héritage a été occulté. Mais je pensais qu'il fallait dépasser dès 2005 cette problématique et, en s'appuyant sur elle, montrer les "faiblesses de Buisson", qui est tout ce qui le rapproche de Jules Ferry et du radicalisme.


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C) Livres et articles de Ferdinand Buisson ne faisant pas partie du Dictionnaire pédagogique 

1) Ferdinand Buisson, Rapport sur l'instruction primaire à l'exposition universelle de Vienne en 1873, Imprimerie nationale, 350 pages, Paris, 1875. Inédit sur Internet.
     - Chapitre IV - Méthode intuitive, page 109-123.
     - Chapitre VII - Lecture, écriture et langue maternelle, pages 151-178..

2) Ferdinand Buisson, Sur l'enseignement intuitif , in Les Conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués à l'Exposition universelle de 1878 à Philadelphie, Librairie Delagrave, troisième édition, Paris, 1880.

3) Ferdinand Buisson, Deux discours :
     - Discours de distribution des prix à l'Association polytechnique - 1883 (ou ici);
     - Séance de fin d'année de l'Ecole alsacienne - 1887.

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Parmi les livres ou recueils de textes choisi de Ferdinand Buisson récemment publiés, on trouve :

Ferdinand Buisson, Sébastien Castellion, sa vie et son œuvre (1515-1563), Droz, 2009.

Publiés chez THEOLIB :
     Ferdinand Buisson, Souvenirs & autres écrits
     Ferdinand Buisson, La Religion, la Morale et la Science
     Ferdinand Buisson, L’avenir du sentiment religieux 
     Ferdinand Buisson, Félix Pécaut - Le Christianisme libéral 
      Ferdinand Buisson, Charles Wagner - Libre pensée et protestantisme libéral, suivi de Les Droits de l'Homme

Pierre Hayat, Education et république, recueil de textes de Ferdinand Buisson, Editions Kimé, 2002.
Pierre Hayat, Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (extraits), Editions Kimé, 2000.

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D) Articles du Dictionnaire - Edition 1887. 
(En cours de réorganisation)

I) Regroupement d'articles
 II) Articles séparés

 Bonne lecture.
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